Nombreux sont les pays africains qui connaissent cette tendance inquiétante d'accaparement des terres arables, un processus d'ampleur qui risque de mettre les générations futures dans une situation où les terres cultivables devront être louées.

Alors que la tradition multiséculaire africaine veut que la terre ne soit pas vendue, la pratique de ces derniers temps, et surtout après la crise alimentaire de 2008, est justement de faire le contraire. La tendance brutale d'acquisition effrénée de terres est

plutôt conforme aux règles de l'agrobusiness dont l'objectif principal est le profit et rien d'autre. Ce qui est incompatible avec la souveraineté alimentaire nécessaire à la survie des populations, surtout celles rurales qui sont les plus nombreuses en Afrique, signale le magazine en ligne PanafricainTV.

Mais qu'est-ce qu'il y a derrière le terme de "souveraineté alimentaire"? Le terme signifie pour l'essentiel le droit des



populations et des Etats à déterminer eux-mêmes leurs politiques agricoles et alimentaires, c'est-à-dire sans intervention de l'extérieur, avec tous les acteurs nationaux concern

és par la question alimentaire. Et l'accaparement des terres va à l'encontre des fondamentaux de la notion.

Le continent africain attire énormément de multinationales car il héberge un quart de toutes les terres fertiles du monde, concentre 41% des transactions foncières (dont le nombre total est estimé à 1.515 transactions à travers le monde, d'après un des récents rapports de l'ONG ActionAid International). Concrètement, plus de 1.600 transactions de grande envergure ont été enregistrées depuis 2000, soit une superficie de quelque 60 millions d'hectares, précise l'ONG. De surcroît, de nombreuses acquisitions de moyenne ou grande échell

e restent jusqu'ici ni documentées, ni quantifiées… Ainsi, l'ampleur de ce phénomène terrifie, vu qu'il hypothèque non seulement la survie de millions de personnes, mais également les écosystèmes, les forêts et les espèces animales en danger de disparition.

Le Cameroun, la Guinée, la Sierra Leone, le Sénégal et beaucoup d'autres pays du continent se transforment pas à pas en plantations industrielles. Des pays s'acharnent à acheter des terres africaines fertiles pour assouvir leurs besoins alimentaires et élaborer des biocarburants. Qui donc f

igure parmi ces grands acheteurs de terres? L'Arabie saoudite, le Qatar, l'Inde, tout comme de grandes puissances, comme les Etats-Unis, ou des pays européens comme la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Même la Chine, souhaitant satisfaire sa demande intérieure, semble vouloir elle aussi avoir sa part du gâteau en Afrique.


Ensuite, l'accaparement des terres s'avère être facile grâc

e à l'absence d'actes de propriété que les paysans africains n'ont jamais pu établir, dans ces régions où les biens sont gérés par les chefs de tribus.

Cependant, il existe même ceux qui entendent protéger le modèle agricole qu'ils exercent, ainsi que les flux financiers émanant de ce modèle. Ces pays s'emploient à rendre les contrats d'une manière que les deux parties contractantes soient gagnantes. D'autres, au contraire, se dressent contre c

e phénomène brutal d'accaparement de terres et souhaitent mettre en avant la souveraineté alimentaire la considérant comme une vraie solution à la crise alimentaire.



Sputniknews