Deux personnes ont été tuées dans un attentat suicide perpétré mercredi soir près d'un camp de réfugiés dans le sud-est du Niger par deux femmes kamikazes qui ont également péri, a appris ce jeudi l'AFP de sources concordantes.

Le mode opératoire est conforme à celui de Boko Haram qui est le seul groupe jihadiste connu à mener des actions dans la région où a eu lieu l'attaque, proche du Nigéria. "Les deux femmes kamikazes ont infiltré le camp de réfugiés, elles ont actionné leur charge (explosive), se tuant sur le coup et tuant deux autres civils du camp", a affirmé à l'AFP une source humanitaire.

L'attaque s'est déroulée mercredi en milieu de soirée à Kabaléwa, un village situé au nord de la ville Diffa, la capitale du sud-est nigérien proche du Nigeria, a précisé cette source. "L'attaque a fait quatre morts (dont les kamikazes, ndlr) dont un homme et une femme, et fait une dizaine de blessés", ont rapporté deux radios privées.

Un responsable officiel local a "confirmé" l'attaque mais promet de communiquer "ultérieurement un bilan définitif". Le dernier attentat-suicide perpétré au Niger par des éléments de Boko Haram remonte à octobre 2015, lorsque quatre kamikazes sont morts après avoir fait exploser leurs ceintures d'explosifs à Bosso, une ville au sud de Kabaléwa, sans faire de victimes civiles ou militaires. La région de Diffa, qui compte quelques 600.000 habitants, subit toutefois depuis 2015 des attaques du groupe islamiste nigérian Boko Haram.

Elle abrite plus de 300.000 réfugiés et déplacés, dont des milliers vivent aux dépens d'une population locale déjà très pauvre, selon l'ONU qui demande à la communauté internationale d'accroître son soutien financier. Mi-avril l'armée nigérienne a repoussé une offensive de Boko Haram tuant une cinquantaine de ses combattants près de la localité de Gueskérou. En mars, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, avait affirmé que Boko Haram était "en train d'être affaibli" par la coalition des armées régionales.

Depuis décembre dernier, 150 combattants nigériens de Boko Haram ont déposé les armes et se sont rendus aux autorités nigériennes, selon les autorités de Diffa.

 

 

 

Le Figaro