Au Niger, Ali Idrissa, figure de la société civile et coordinateur du Rotab, le Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire a été retenu plusieurs heures à la police judiciaire samedi 20 mai avant d'être relâché. Le procureur de la République a confirmé à RFI l'interpellation sans donner de précision sur son motif. Selon son avocat, Ali Idrissa est de nouveau convoqué à se présenter à la police judiciaire lundi matin. D’après des sources policières, cette interpellation ferait suite à des propos qu'Ali Idrissa avait tenu le matin même après l'interdiction d'une manifestation de la société civile, des propos jugés « trop virulents ».

Les organisateurs disent avoir appris l'interdiction de la marche au tout dernier moment. La foule est donc déjà réunie samedi matin lorsqu'Ali Idrissa prend la parole et demande aux manifestants de rentrer chez eux. Mais il promet de ne pas baisser les bras.

« Issoufou Mahamadou vient de montrer à la face du monde qu’il a mis entre parenthèses la démocratie, et Inch’Allah, dans les jours qui suivent, il aura la réponse appropriée par rapport à son comportement antidémocratique. Nous nous saisirons de tous les moyens pour la restauration de la démocratie dans notre pays », avait alors lancé à la foule Ali Idrissa.

Dans l'après-midi, vers 15 heures, il est interpellé chez lui, conduit à la police judiciaire et interrogé. Selon son avocat les questions portent essentiellement sur les propos tenus par son client le matin même.

Maikoul Zodi du collectif « Tournons la page », parle d'intimidation et soupçonne un lien avec l'affaire de « l'uraniumgate ». « Ali Idrissa fait partie des cinq signataires de la plainte que la société civile a déposé. Il est clair qu’ils veulent le museler et l’empêcher de demander que la justice fasse la lumière sur cette affaire », explique-t-il.

En avril, au lendemain du dépôt de la plainte, Maikou Zodi avait passé 15 jours en détention avant d'être relaxé.

 

RFI