Au Niger les deux activistes arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi à leur domicile sont toujours en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire. Il s'agit du militant du parti Lumana, Bana Ibrahim, et de l’un des responsables du Collectif des organisations de la société civile nigérienne, Gamatié Mahamadou Yansanbou. Ils ont été interpellés suite à une dénonciation du Syndicat des magistrats qui vise, sans les nommer, ceux qui jettent le discrédit sur les magistrats sur les réseaux sociaux.

Les deux activistes arrêtés n'ont pas nié les propos tenus dans leur publication sur Facebook, des critiques qui visent les magistrats corrompus et dans lesquelles certains sont cités nommément, des propos qui dénoncent en filigrane une justice à deux vitesses. Une justice qui est allée en tout cas très vite pour eux puisqu’ils ont été interpellés quelques heures à peine après la requête du Syndicat des magistrats (SAMAN) qui ne visait pourtant personne nommément.

Maître Amadou Boubacar se demande pourquoi un tel empressement : « C’est le traitement, la sévérité avec laquelle on s’est empressé à donner suite à cette plainte qui m’inquiète le plus. Ce n’est pas la première plainte du SAMAN, beaucoup de plaintes du SAMAN sont dans les tiroirs du parquet et n’ont pas reçu de suite. »

Le Syndicat des magistrats se félicite de ces interpellations mais précise que c'est le parquet qui a choisi d'aller vite. « Nous, on ne gère pas le parquet, témoigne Ayouba Hassane secrétaire général du SAMAN, notre devoir c’est de dénoncer. Le reste, le procureur est là, et la justice, qui gère le parquet… Mais si on commet des infractions, un jour ou l’autre on a à répondre. On n’a pas à enfreindre la loi. »

Selon plusieurs sources, ces interpellations ne sont que les premières dans ce dossier.

 

RFI