L'opposant nigérien Amadou Djibo était ce mardi devant les juges du tribunal de grande instance de Niamey. Il est accusé d'avoir proposé aux militants de Hama Amadou du Moden Lumana Fa de renverser le pouvoir de Mahamadou Issoufou. Amadou Djibo, président du Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR), a nié les faits.

En dehors des exceptions soulevées par les avocats pour bloquer le jugement au fond de l’affaire, l’autre stratégie de la défense a consisté à attaquer les preuves ayant servi de base pour l’arrestation de leur client. Notamment une clé USB, contenant un élément audio en langue locale.

« L’élément de preuve qui devait permettre d’appuyer la procédure a été tiré du réseau social : un délit commis par voie de presse. Ce délit aurait dû être retranscrit, traduit, mais surtout traduit par un expert assermenté. Ce qui n’a pas été le cas », explique le bâtonnier.

L'irrecevabilité des preuves ?

Tour à tour, les avocats ont plaidé pour la relaxe de leur client. Ils ont insisté sur l’irrecevabilité des preuves, ces preuves obtenues par des moyens illégaux sont fausses, selon le bâtonnier : « Ce sont ces illégalités que nous avons soulevées, que le juge a mis en délibéré pour pouvoir rendre sa décision. Malheureusement, il retourne en prison. Si la procédure est nulle, il retrouvera sa liberté ».

Cette première phase du procès s’est tenue sur très haute surveillance policière, et les militants de l’opposition sont venus nombreux. Le délibéré est fixé au 26 mai.

 

RFI